jeudi 25 septembre 2008

Château de cartes


En ce moment, je suis en train de mixer Le disque vert. C'est mon prochain disque, avec l'orchestre préhistorique. Il y a aussi des invités, comme Eugene Chadbourne, que j'ai rencontré au premier Festival Invisible, ou Noël Akchoté, Christophe Rocher, Nicolas Pointard, Chapi Chapo et les petites de pluie, Moregeometrico, Zalie Bellacicco. On a fait une résidence à la Carène, la salle des musiques actuelles de Brest, on y a donné trois concerts, à chaque fois avec des invités différents, et on y a conçu le disque. Je fais un ping pong de fichiers via internet avec Christophe, notre ingé son, qui a fait les prises de son. Je bouge des boutons, et je lui envoie, et réciproquement. Pour moi, qui ai enregistré tous les disques précédents en autarcie, par souci de contrôle et surtout pour préserver ma liberté, c'est un projet pharaonique. Beaucoup de musiciens très doués, beaucoup de temps, beaucoup de chansons. Et sûrement beaucoup de joie à l'arrivée, même si j'ai plutôt l'impression de marcher dans un tunnel en ce moment.
Je connais Christophe depuis 2001. C'est lui qui a masterisé mes précédents disques. J'ai confiance en lui, ce qui n'est pas peu dire, car j'aurais plutôt tendance à voir en l'ingé son un ennemi potentiel, venu saboter la spontanéité des chansons sous des déluges de reverb, et qui confond le disque avec un bac à sable où essayer ses machines. Avec Christophe, je suis détendu. Il tient un label de musique industrielle et il fait de la musique (du post-indus martial). Quand je l'ai rencontré, je me suis dit qu'un ingé-son qui faisait du post-indus martial ne pouvait pas être foncièrement mauvais, et que lorsque Morgan sortirait sa lime de son étui pour scier les cordes de sa guitare, il saurait le sonoriser au lieu de s'effondrer contre sa console. Je ne me suis pas trompé.

mardi 9 septembre 2008

Pensée du soir


La vie est une farce dont nous sommes les dindons

COUSSINS PETEURS


Recueil de poèmes intempestifs, 2006

Trouver un éditeur de poésie, c'est comme dénicher une botte de foin dans une aiguille. Donc, je publie mes Coussins péteurs ici.

LA NUIT SOUS LE PONT DE PIERRE


Un carnaval d'alchimistes, de cambrioleurs, de musiciens et de fantômes, un empereur à demi-fou, le juif errant, l'ambassadeur du roi du Maroc, une veuve masquée et les secrets de la kabbale en filigrane, dans un décor de quartier juif de Prague en plein Saint-Empire romain germanique. Leo Perutz a un pouvoir: celui d'entortiller ses lecteurs et de les laisser se dévorer eux-mêmes dans le dédale de ses histoires à dormir debout, pleines de magie et de transparence. Au début, j'ai cru que c'était un recueil de nouvelles puis, chemin faisant, j'ai commencé à entrevoir des passerelles, des passages secrets, et finalement a émergé tout un roman, cohérent comme une architecture farcie de passages occultes, conçue pour laisser passer des messagers d'un monde à l'autre, pour trimbaler un trésor, ou pour s'enfuir quand il est trop tard.