vendredi 31 octobre 2008

BRIMBORIONS


Cette nuit, rêvé que je visitais les coulisses d'un musée genre le Louvres. A l'entrée, on me dit, « vous pouvez garder le dessin de votre choix ». J'hésite devant une fusée de la Nasa peinte sur de la céramique, et je repars avec un bocal d'eau de Cologne lesté d'une tête de mort métallique.

Un peu déprimé. Il pleut. Je regarde par la fenêtre et j'aperçois, dans l'angle, une araignée qui traverse sa toile et se jette sur une pauvre mouche.

Je cuisine des patates douces en écoutant Shockabilly.

J'ai mis en ligne mon blog sur Eugene Chadbourne. Le projet est pharaonique: chroniquer tous ses albums. Et plus je vais, plus je mesure l'ampleur du problème. C'est une oeuvre immense, et c'est un artiste immense. Chadbourne, c'est Sun Ra. Pas moins.

C'est la Toussaint. Aujourd'hui, pour la première fois, on va fleurir les tombes avec Maman. Arthur court entre les croix blanches des soldats américains.

Plus loin, les croix grises des soldats allemands.

Le soir, Arthur dessine une croix « avec plein de traits dessus. »

Puis il dit: « je vais dessiner un labyrinthe avec plein de trucs qui dépassent. »

Puis il dit: « Maintenant, je vais dessiner un truc vraiment magique: le plus grand triangle du monde. »

Au concert d'Henri Texier, j'ai l'impression que quelqu'un me frôle la nuque. Je me retourne. Personne.

dimanche 19 octobre 2008

BRIMBORIONS

Fait un rêve. Je me promène avec le chanteur Valier, et on marche sur une sorte de promenade. Dans le ciel noir passent de grandes méduses volantes, qui brillent et palpitent.

Vu Chapi chapo à Saint Renan. On est allé au bord du lac, on a mangé nos sandwiches en regardant les canards. A un moment, une sorte de cormoran avale un gros poisson. Puis un cygne amerrit pattes en avant comme un gros hydravion gonflé à l'hélium. On parle de musique, de son futur album, et du packaging du disque vert.

En quittant l’hôpital, j’aperçois, dans la lumière des phares, pendu au rétroviseur d’une voiture, un attrape-rêves.

Hôpital. Je passe dans le couloir pour aller chercher un DVD. Je passe devant des portes fermées, avec les prénoms des enfants malades. Je vois devant une pancarte « enfant en isolement ». Maëlle a vu un petit hier, qui avait perdu ses cheveux à cause de la chimio. Je sais que certains philosophes ont cherché des preuves de l’existence de Dieu. Mais ils s’épuiseront à la tâche. Qu’un enfant de quatre ans puisse mourir d’un cancer, c’est la preuve irréfutable qu’il n’existe pas.

Ou alors, si Dieu existe, je comprends qu'il se cache.

Trouvé dans la salle de jeux de l'hôpital, un livre apparemment auto-édité (quoique crédité aux « éditions mondiales »), de Yan Balinec, intitulé Judickael, conte intitatique. « Yan Balinec, breton de 32 ans, vit à Douarnenez. Destiné par sa famille d'abord à la carrière militaire, puis à la vocation religieuse, il doit finalement remplacer son père à la tête de son laboratoire de prothèse dentaire. »

A la fin du livre, sa bibliographie. Il a écrit un livre sur les évènements de Plogoff et sur Jakob Boehme, intitulé « le cordonnier céleste », ou quelque chose comme ça.

La couverture est dessinée ou gravée par un certain Cornou. Je me souviens: Jacques Cornou, c'était le maître de Gilles.

jeudi 9 octobre 2008

BRIMBORIONS

Sur le parking du Super U à Saint Renan, alors que je pensais à Patrice, alias Chapi Chapo et les petites musiques de pluie, qui a joué sur mon disque, on m'appelle. Je me retourne: c'est lui. Il travaille deux jours dans la semaine au collège Saint Stanislas.

Matinée pluvieuse à Brest: je marche dans le quartier du château entre Sacem et le reprographe, et je fredonne un air, sans me souvenir de ce que c'est. Soudain, ça me revient: c'est le générique de Zorro.

Reçu ce mail: "L'énergie pour votre penis: acheter et encomiser 85 %
- Le sexe donne plus de satisfaction que jamais. Le stress et la tension ont disparut. Elle n’est pas plus chagrinée, je n’ai plus peur de dire non. C’est un magnifique sens physique, d’où on profite des sensantions profondes.
- La meilleure chose dans le Vi. c’est l’assurance qu’on peut «voler en pilote automatique». Affaibli on découvert le pot aux roses, le pénis reste prêt, même si on arrête (les enfants frappent à la porte de la chambre à coucher, le chien aboye, le condom glisse). Quand on prend le Vi., ça peut être une grande surprise pour un partenaire. Un conseil: ne lui dîtes pas que vous prenez le Vi., le jugement féminin porté sur soi-même est aussi vulnérable que le nôtre."

lundi 6 octobre 2008

BRIMBORIONS


Cette nuit, j’ai fait un rêve. Je suis arrivé devant un château fantôme mystérieux nappé de brumes en lentilles, comme des corolles de champignons. Une sorte de crainte mêlée de joie m’envahit. Il y a un gardien. Je renonce à le visiter, de peur de déranger. Je sens que c’est un très vieux dieu.

Au Mac Guigan’s, Eugene Chadbourne, qu'on a invité à venir jouer sur le disque vert, montre une plaque posée sur une poutre : Downs road. Et il ajoute : « C’est curieux, c’est là que Derek Bailey vivait à Londres. »

Il me raconte aussi que Derek Bailey était fasciné par une émission de jungle qui passait à la radio, parce que le DJ n’arrêtait pas de toaster dessus, et que a le mettait d’une telle humeur qu’il ne pouvait pas s’empêcher de prendre sa guitare et d’improviser par-dessus.

Eugene, à l’hôtel Vauban, est arrivé le soir du concert de Daniel Darc. Il me dit : « sur l’affiche on aurait dit un type très costaud et très fort. J'avais peur de lui. En fait, je l’ai croisé au petit déjeuner, il est plus petit que sa photo, il est tout voûté et il buvait une bière à 8h30 du matin. »

Eugene s’est découpé un masque de Daniel Darc dans une affiche, et a joué Le mollusque sur scène avec.

Reçu ce spam : « Bonjour, J'ai voulu savoir comment augmenter la taille de mon engin car je me sentais complexe. Hormis des sites en anglais, je trouvais rien. Enfin ce matin, j'ai touve exactement ce que je cherchais. Bonne Journee »

Je mange un sandwich sur le parking du super U à Saint Renan, quand j’aperçois un nuage de fumée sur ma gauche. Je regarde : deux types sont en train de fumer. L’un porte un anneau à l’oreille et il est chauve. Mon sandwich terminé, je recule en même temps qu’eux, et nos voitures se croisent. La leur est toute noire ou bordeaux foncé, et on peut lire que la portière : « Tanathopraxie – Science mortuaire. »

Rêvé que j’ouvrais des boîtes de conserve pleines de morceaux d’étrons flottants. Réveillé traumatisé.

Pris Valier en stop à Saint Renan, au même endroit où j’avais pris le hippie de Lampaul la fois d’avant. Le type avait un sac de linge sale avec lui, alors que Valier trimbale ses courses.

Vu sur internet, la formule du parfait sandwich au cheddar : « Pour les mathématiciens, la formule est W=[1 + ((bd)/6.5)) - s + ((m-2c)/2) + ((v+p)/7t)] (100 + l/100). "W" est l'épaisseur de cheddar en millimètres, "b" l'épaisseur du pain et "d" sa particularité (blanc, céréales), "s" est la quantité de margarine ou de beurre et "m" le volume de mayonnaise. Les autres paramètres pris en compte sont notamment la quantité de laitue ("l"), de pickles ("p"), de tomates ("v").

Vu sur internet : « Un Japonais découvre une femme vivant dans un placard de sa maison.Un Japonais, intrigué par la disparition mystérieuse d'aliments dans son réfrigérateur, a eu la surprise de découvrir qu'une femme vivait clandestinement dans un placard de sa maison depuis plusieurs mois.Ce célibataire de 57 ans s'était résolu à installer une caméra de sécurité dans sa maison de Fukuoka (ouest) afin de comprendre ce qui se passait dans sa cuisine. Lorsqu'il a vu sur l'écran de son téléphone portable une femme se promener à l'intérieur de son domicile pendant son absence, il a immédiatement appelé la police." Nous avons fouillé la maison et avons découvert la femme dans un placard", a raconté un porte-parole de la police de Fukuoka. La clandestine, Tatsuko Horikawa, âgée de 58 ans, était cachée dans la partie supérieure d'un placard, à peine suffisante pour accueillir une personne allongée. Elle y avait installé un matelas et plusieurs bouteilles d'eau. "Elle a expliqué aux enquêteurs qu'elle n'avait nulle part où habiter. Elle semble avoir vécu ici pendant environ un an, mais pas en permanence", a déclaré le porte-parole. »

Un type à la radio dit : « tirage au sort. » Arthur, qui écoutait d’une oreille me dit : « Tu as vu Papa, il a dit Tyrannosaure ! »

A la piscine, Arthur me dit : « Papa, tu mets et je mets mon costume de requin. »

Lu dans Moby Dick : « soufflez dans votre trompette ! Faites-vous des ampoules aux poumons ! »

J’ai commencé à mettre en ligne les Brimborions.

Corrections du brevet : « Nous faisions le gai. »

Internet : « Des morts qui brillent de tous leurs feux. La plupart des gens finissent à six pieds sous terre ou partent en fumée, quelques-uns se font congeler ou momifier. Mais de plus en plus de mortels passent leur éternité sous la forme d'un diamant, moyennant finances et une délicate transformation chimique pratiquée notamment en Suisse. Dans la petite ville de Coire (est), la société Algordanza reçoit chaque mois du monde entier entre 40 et 50 urnes funéraires dont le contenu est patiemment transformé en pierre précieuse. "Il y a toutes sortes de personnes: ça va du chauffeur routier au prof de philo", observe Rinaldo Willy, un des deux cofondateurs de l'entreprise, dans le laboratoire où une quinzaine de machines fonctionnent en permanence. Une laborantine, aux yeux protégés par de grosses lunettes en plastique, travaille derrière une ligne jaune et noire que le visiteur n'a pas le droit de franchir, par respect envers les morts. "Cinq cents grammes de cendres suffisent pour faire un diamant, alors qu'un corps humain laisse en moyenne entre 2,5 et 3 kilos de cendres", explique le jeune Rinaldo Willy (28 ans). Les cendres sont d'abord métamorphosées en carbone puis en graphite. Soumises à de très hautes pressions et à des températures de 1.700 degrés, elles deviennent des diamants artificiels en l'espace de quatre à six semaines. Dans la nature, le même processus prend des millénaires."Chaque diamant est unique: la couleur varie du bleu foncé au presque blanc", assure M. Willy. "C'est un reflet de la personnalité". Une fois obtenu, le diamant brut doit encore être poli et taillé suivant la forme désirée par les proches du défunt, souvent celle d'un coeur que l'on pourra porter en pendentif ou bien monter sur une alliance.Le prix de cette âme translucide varie entre 4.500 et 17.000 francs suisses (2.800 à 10.600 euros) suivant le poids de la pierre (de 0,25 à un carat). Un montant qui n'inclut pas la monte, mais qu'Algordanza juge raisonnable."Un enterrement revient très cher: c'est 12.000 euros en Allemagne", lance M. Willy, qui ne révèlera pas le chiffre d'affaires de sa société.Le patron d'Algordanza reconnaît qu'il est impossible de prouver que chaque diamant provient bien des cendres d'une personne particulière. "L'ADN brûle", explique-t-il. Mais "l'empreinte chimique" des cendres, déterminée à leur arrivée au laboratoire, permet d'établir une documentation et de retrouver l'origine du produit fini, assure M. Willy. L'industrie du "diamant humain" est en plein essor, avec des concurrents installés en Espagne, en Russie, en Ukraine et aux Etats-Unis. Fondée en 2004, la société suisse a ouvert des bureaux dans une vingtaine de pays, dont six en dehors d'Europe, et emploie au total une centaine de personnes de par le monde. Elle marche très fort au Japon, qui lui envoie chaque jour entre deux et quatre urnes, et vise désormais l'Inde et la Chine. La plupart des urnes proviennent de familles qui veulent garder le souvenir d'un proche. Mais certaines personnes choisissent de leur vivant d'être incinérées puis diamantisées, un service qui est même offert désormais par des compagnies d'assurance vie.La mobilité de la vie moderne est propice au secteur, estime Rinaldo Willy, qui remarque qu'il est difficile de se déplacer avec une urne à chaque déménagement --d'autant que certains pays interdisent de conserver les cendres d'un défunt à domicile-- ou bien d'entretenir une tombe si l'on n'habite plus à proximité.Quant à l'incinération, elle est de plus en plus courante: en Suisse, elle représente 75% des décès. Le mot "algordanza" signifie "souvenir" en romanche, l'une des quatre langues officielles de la Suisse.

Quand je suis arrivé à Saint-Renan, il y a quelques années, l’une des premières choses qui m’ait frappé, c’est l’enseigne « Veuve Pochard, débitante », sur la vieille place. En quittant la ville cet après-midi, peut-être pour toujours, en m’engageant sur le rond-point, un camion « Pochard » me cède le passage.

Vu Laurent Silliau ce matin, on a parlé de mal de dos. Il m’a dit que selon son osthéo, certains maux de dos dissimulaient en fait des maux de ventre.

J’ai les nerfs qui lâchent. Toute mon année qui me tombe sur la gueule. Je reste allongé, déprimé, et je lis des bédés.

Acheté de l’encens ayurvédique pour équilibrer les humeurs anxieuses.

Départ du tour de France à Brest. On y a emmené Arthur. En regardant passer la caravane, récolté un stylo Etaphotel et quatre petits saucissons apéritifs Cochonnou.

Ce matin, en emmenant Arthur chez Monique, j’entends un oiseau étrange siffler dans les arbres. En fait, c’est un ouvrier qui descend de son échelle.

Reçu ce mail: « Faites-vous des amours, ces montres également. »

Contenu du mail: Chez nous, non seulement sur la qualite de respect, mais aussi sur les prix. Nos montres sont-ils tres populaires et vous serez heureux si vous nous maintenant a cette marque de montres. Recevez-vous ces montres tres rapidement, surement et bien. »

Je discute avec Christophe. Je lui dis que si l'île longue explose, ils nous donneront des pastilles d'iode. Je l'ai lu dans un article sur la zone Seveso du port de commerce. Christophe hausse les épaules: « Il y aura des queues pas possibles. Et puis il n'y en aura pas pour tout le monde! » Et il ajoute avec un regard en coin: « Un lot de pastilles d'iode, ça ne coûte que 6 euros sur e-bay. » Je lui demande: « Tu en as acheté? ». Il déclare: « Oui. »

Cette nuit, rêvé d'une salamandre qui sortait d'une espèce de bouillon de culture et me parlait. Ses pattes partaient en ramifications, coupées ensuite grossièrement, comme des racines d'arbres tranchées au hasard.