mercredi 31 décembre 2008

BRIMBORIONS

En quittant l'Ostier de Viviane, on tombe sur des voitures immobilisées sur le bas-côté, avec un grand panneau « chasse en cours ». On nous fait signe de ralentir. On passe. Un chien sort des fourrés, la gueule ensanglantée, une sale blessure dans le cou.

Plus loin, des chasseurs et des voitures à gyrophares. Un type énorme avec un chapeau tyrolien et des gros favoris attend avec un fusil.

Pour Noël, je me suis offert le coffret Insect and Western d'Eugene Chadbourne. Une boîte en carton peinte à la main, bourrée de Cds et de CDRs exclusivement consacrés aux insectes.

Dans le coffret Insect and Western, il y a trois Cds et 5 disques gravés, avec des pochettes hirsutes faites à la main, et des partitions insectifiées (voir scans ci-dessous).

Il va falloir que je songe à suivre une psychnalyse. Pour un type qui n'aime pas spécialement les insectes, je possède aussi les oeuvres complètes de Jean-Henri Fabre (Souvenirs entomologiques) et les trois tomes de la Vie des insectes de Maurice Maeterlinck...

mardi 30 décembre 2008

BRIMBORIONS


Le matin des magiciens, page 476 : « Zimanski, savant allemand de Tübingen, élève du génial Conrad Lorenz, a étudié durant trois ans les escargots en s’assimilant leur langage et leur comportement psychique, de sorte que les escargots le prenaient réellement pour un des leurs. »

Le matin des magiciens, page 539, à propos de la décapitation du roi Charles 1er :
« Si Charles 1er avait été un géranium, les deux moitiés auraient survécu. (J.B.S Haldane)»

Pot de départ en retraite d’un collègue d’EPS, un homme très discret. Après le discours de son ami, on lui annonce qu’il va recevoir un cadeau. « Oh ! s’exclame-t-il avec un sourire, un chronomètre ? »

Dédicace de Jane Birkin à Landerneau. On est invité, avec le label Last exit records à la rencontrer. On discute un peu, on lui donne nos disques, dont celui de Robin Foster. Un type précise : « Ah ben vous devez le connaître, Robin ? » Elle répond : « Non, je ne crois pas… Pourquoi ? » Et le type dit : « Ben, il est anglais ! »

A côté de Paimpont, on va se promener à l'Ostier de Viviane. Il fait un froid mortel. On se gare à côté d'une camionette estampillée: «Fauconnerie: Stages d'effarouchement. »

Une grande femme blonde apparaît au bout du chemin et monte dans la camionette. Au dos du véhicule, on voit une photo d'une chouette avec des yeux ronds. Au second plan la femme, dont le visage est à demi caché par la chouette, qui regarde dans la même direction. Mais son regard est plutôt inquiétant.

En s'éloignant, T me dit: « Je la connais. On l'appelait la folle. »

Et T ajoute: « Elle vit au milieu des faucons. Elle les nourrit avec des bébés chats. »

mercredi 17 décembre 2008

BRIMBORIONS


Je suis en train de lire Le matin des magiciens, que m'a prêté Nicolas H. Citation de Charles Fort page 208: « Il y a probablement un rapport entre une rose et un hippopotame, cependant il ne viendra jamais à un jeune homme l'idée d'offrir à sa fiancée un bouquet d'hippopotames. »

Le matin des magiciens, page 74: « ...une société internationale de chercheurs... Ses moyens de communication même pourraient ne pas être repérés. La T.S.F aurait très bien pu être découverte au XVIIème siècle et les postes à galène, si simples, auraient pu servir aux « initiés ». L'image d'un type du XVIIème siècle, avec une perruque poudrée, communiquant en secret avec un poste de TSF m'a fait rêver toute la semaine.

Arthur, qui a 4 ans , nous dit: « Est-ce que vous savez compter jusqu'à 10 en vietnamien? » Et comme on lui dit que non, il déclare: « Mot, hai, ba, bon, nam, sau, bay, tam, chin, muoi. »

Arthur se réveille et déclare: « J'ai fait un cauchemar. Il y avait un monstre qui me tirait dessus avec un pistolet. J'ai pris un fusil et il y a eu du feu jaune. Il y avait aussi un ogre, et je l'ai gommé. Et un fantôme, et je lui ai donné un coup de pied! »

Et il ajoute: « Et il y avait aussi un squelette, mais il avait des yeux gentils. »

Avec Arthur au Luna Park. J'ignorais qu'il y avait encore des baraques à monstre. Là, c'est marqué en grand: « Jean-Christophe, l'enfant à deux têtes. »

Pour enfoncer le clou, c'est précisé: « Il a vécu jusqu'à l'âge de six ans! Il était doté de deux personnalités bien distinctes, au point qu'on hésite à employer le pluriel à leur propos. »

Et enfin: « chacune des deux têtes contrôlait une des jambes, ce qui rendait la coordination nécessaire impossible. »

dimanche 14 décembre 2008

BRIMBORIONS

Aux transmusicales, je suis allé voir les Residents. Ils étaient tous déguisés en lapins sur scène. Il y avait un guitariste lapin avec des grandes mains, qui jouait des parties de guitare hyper précises, avec un sens de la chirurgie zappaïesque. Je pense que ce n'est pas un membre d'origine: il avait des mains de quarantenaire.
Les Residents ont construit leur légende sur un mystère: personne n'aurait jamais vu leur vrai visage. D'habitude, c'est sous un globe oculaire à haut de forme qu'ils se cachent, ou une tête de mort. Là, c'est des lapins aux yeux phosphorescents.

Personne n'a jamais vu leur visage, mais en transparence, quand ils ont salué la foule, on voyait bien quelque chose, même écrasé sous le bas de cambrioleur qui leur aplatissait le nez et les yeux.

Personne n'a jamais vu leur visage, mais je connais quelqu'un qui se souvient d'avoir pris son petit-déjeuner dans un hôtel parisien, à côté de « vieux américains ». Il ne les a pas vraiment regardés. C'était les Residents.
Personne n'a jamais vu leur visage, et on a longtemps cru que c'était des membres des Mothers de Zappa, ou du Magic band de Captain Beefheart. La rumeur a même couru, au début, que c'était les Beatles qui faisaient ça pour déconner.

Sûrement, leur visage importe peu: ils sont les Residents, c'est tout. Je me demande, quand ils arrivent à un concert, à quel degré de paranoïa ils poussent le curseur. Est-ce que les techniciens voient leur visage? Est-ce que les organisateurs voient leur visage? J'imagine que oui.

Pourtant, Eugene Chadbourne, qui a fait un disque chez Ralph records, le label des Residents, m'a raconté que, le jour où il est allé dans leurs bureaux, il s'est senti très mal, parce qu'il y avait là deux ou trois personnes qui travaillaient normalement, qui se déplaçaient avec des dossiers sous le bras, mais pas de Residents. Il soupçonnait ces employés d'être des faux, mais de jouer la comédie pour le déstabiliser. A un moment, il s'est levé et a crié: « Come on guys! Show who you are! »

En quittant le site des Transmusicales, contrôle de gendarmerie. Là, c'est le gilet du gendarme qui est phosphorescent.

jeudi 4 décembre 2008

BRIMBORIONS


Sur le disque vert, on a mis en musique un poème de Maurice Maeterlinck (1862-1949). L'autre jour, une dame de la SACEM m'appelle me dit: « Il y a un problème. Sur vos bulletins de déclaration, il manque la signature d'un certain monsieur Maeterlinck. »

A la déchetterie de Tréguier, où on est allé balancer les vieux trucs du garage de Maman, il y a quatre ou cinq types qui philosophent au bord des cuves de ferraille, de tout-venant à incinérer ou de gravats inertes. De temps en temps, un des types descend dans la cuve et en ressort l'oeil brillant, avec un truc à la main, qu'il va pouvoir revendre.

Le chef est un gars jovial, au regard doux, qui porte un gilet fluo avec des bandes orange et un bonnet de laine. Il commente tout ce qui sort du camion, mais sans émettre de jugement. Il évalue juste le plus court chemin pour s'en délester. « Ca, vaut mieux le recharger et rouler jusqu'à la cuve des gravats inertes. Comme ça, vous serez plus près de la cuve à ferraille. Mais bon, vous faites comme vous voulez, hein, moi je dis ça juste comme ça. »

Reçu un mail d'Eugene Chadbourne. Il me dit de saluer tous les gens qu'il connaît à Brest et ajoute: « Let me guess... Is it raining? »

Le facteur sonne rageusement pour me remettre le livre (le tome 4 du cycle des contrées de Jacques Abeille) qu'il n'arrive pas à rentrer dans la boîte aux lettres. J'ai de la chance. D'habitude, il le plie en deux et le rentre aux forceps.

La poste sonne. C'est un colis: les disques vierges que j'attends avec impatience. Mais le colis est tout ratatiné: on dirait qu'un hippopotame l'a mâché. « Je vous préviens, il est détérioré », me dit la dame. J'ouvre le colis: tout est cassé dedans, Cds et boîtiers. Elle me dit: « Vous pouvez le refuser ». Je le refuse et la dame repart avec mes Cds vierges. Sentiment de vide.